4
juil

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Je m’appelle Anaïs Lebel. J’ai vingt ans et j’habite chez mes parents avec mon frère, ma sœur et mes deux chats non loin de l’endroit le plus éloigné du centre de l’univers : j’ai nommé Boisrouge, au nord du Québec.
J’avais un ami ermite, quand j’ai commencé ce blog. J’avais un boy-friend (le fils du maire), un ex serviable, un médecin de famille un peu amoureux et un copain scientifique excentrique.
Au cours des huit derniers mois, tous sont morts ou disparus.
Vous avez bien lu.
Même notre maire s’est évaporé.
Les autorités sont impuissantes. Et puis, quelles autorités ?
Il y a quelque chose de pourri au royaume de Boisrouge. Quelque chose de mauvais dans les profondeurs de la mine toute proche, quelque chose de terrible dans les bois qui nous entourent.
Nous sommes seuls, livrés à nous-mêmes. Fuir ? Nous y avons pensé cent fois. Et pourtant, nous sommes toujours là. Nous appartenons à cette ville.
Ce qui se passe exactement, je n’en sais rien. La nuit venue, des créatures hantent nos rues solitaires. Il y a des cris, des chuchotements, des formes glissant dans la pénombre et nous ne pouvons que prier, nous ne pouvons que nous souvenir que, par le passé, Boisrouge a déjà accueilli le Mal en son sein.
Je suis Anaïs Lebel : votre reporter-apprentie-romancière, fidèle au poste jusqu’à la fin, quoi que le mot « fin » puisse signifier.

29
sept

Je préférerais ne pas

La mère d’Isabelle s’est donné la mort dans notre salle de bain avec son fusil à pompe. Elle n’a pas laissé de lettre d’excuse. Plus personne ne semble croire au pouvoir rédempteur des mots.

Ma mère et moi nettoyons le sol et les murs, avec acharnement, quasi dévotion.

Ma sœur et mon frère se sont enfermés dans la chambre de cette dernière. Ils jouent à des jeux vidéo sur la télé du salon qu’ils ont remontée. La télé en question, faut-il le préciser ? ne fonctionne pas.

 

 

28
sept

Isabelle

Il neige sur nos âmes. Isabelle est sortie aujourd’hui, malgré les recommandations. Avec calme, elle a descendu les marches. Elle voulait aller à l’église, je crois. L’église est pleine de cadavres en décomposition mais elle voulait à aller à l’église.

Il y a désormais un cadavre de plus.

La mère d’Isabelle la suivait en criant. Elle l’a vu courir puis se faire rattraper. Se faire arracher un bras.

Elle a tiré sans réfléchir. Elle a tué Isabelle et trois écorchés. Ensuite elle est rentrée chez nous pour se confectionner une tisane au thym qu’elle sirote à présent par petites gorgées.

Ses yeux sont secs. Elle dit que ce n’est pas si terrible. Elle dit qu’à considérer la situation générale, le temps n’est plus aux regrets. Nous sommes tétanisés.

 

 

27
sept

Enjoy the silence

Plus personne ne me parle comme si j’étais normale. Mais qu’est-ce qu’il l’est encore, ici-bas ? Un gigantesque silence se répand sur la ville.

 

26
sept

Et vous chers lecteurs

Dans la maison des Vaillancourt, avec un fusil à pompe et deux minutes de connexion miraculeuse.

Here I am, chers lecteurs. Et vous, pensez-vous que je sois cinglée ?

 

 

 

25
sept

Funny weird-like

Peut-être suis-je folle depuis le début. C’est, tout au moins, une hypothèse qui mérite d’être consciencieusement examinée.

 

 

24
sept

Où est Serge ?

Retour à la patinoire, parmi les fumées des corps que nous avons fait brûler. La famine commence à toucher les familles les moins prévoyantes ; les réserves de nourriture sont rationnées, strictement, nous sommes encore au temps de la distribution et du partage mais cela ne durera pas.

Le père Miller m’apprend que Serge est mort hier en lisière de forêt, après une résistance héroïque.

« Nos ennemis sont trop nombreux, maintenant. » : LA phrase, lâchée comme un caillou dans une flaque.

Les barrages ont volé en éclats. Les attaques peuvent survenir n’importe quand, de n’importe où.

Le père Miller reconnaît que ses pouvoirs ne lui sont d’aucun secours, ici. Il s’en confesse sous le sceau du secret parce que, sans doute, je suis la seule à même de comprendre.

Nous parlons du Wendigo. A ma grande surprise, il prétend ne pas l’avoir vu. Je souris. Vous plaisantez, n’est-ce pas ? Et la maison d’Isabelle ?

Il secoue la tête. Je brandis le codex sous ses yeux. « Et ça, mon père ? » Il me tapote l’épaule puis se lève, se frottant les hanches. « Ça, répète-t-il ? C’est parfait, ça te sauvera peut-être la vie. »

 

 

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